Ligue 1+ surprend. Portée par un démarrage commercial supérieur aux attentes, la plate-forme de la LFP (Ligue de Football Professionnel) autorise une hausse immédiate de la répartition des droits TV. Selon une note financière présentée lundi par Nicolas de Tavernost aux clubs, la manne nette à partager grimpe autour de 142 M€, grâce à environ 1,026 million d’abonnés déjà recensés.
Conséquence directe, les dotations progressent sans effacer la baisse structurelle des droits domestiques. Le meilleur classé peut viser 30,1 M€ sur l’enveloppe nationale et de notoriété, quand le dernier tournerait autour de 3,72 M€. L’écart reste large, mais l’oxygène arrive enfin pour des clubs qui sortent d’une longue bataille budgétaire.
- Envolée des abonnements à Ligue 1+, au-delà du million.
- 142 M€ nets injectés dans la redistribution.
- Le top club vise 30,1 M€; le dernier environ 3,72 M€.
- Droits domestiques en recul vs saison dernière.
- Effet amortisseur via les droits internationaux pour les clubs européens.
- 1. Lancement et chiffres clés
- 2. Répartition Ligue 1 2025-2026
- 3. Diffuseurs et modèle économique
- 4. Abonnements et scénarios de fin de saison
- 5. Effets sportifs et mercato
- 6. Impact en Ligue 2
Ligue 1+ réussit son lancement : hausse inattendue des droits télévisuels
D’abord, le fait marquant: la LFP revoit à la hausse la redistribution des droits, après un point d’étape tenu lundi à Paris devant les clubs. Ensuite, le mécanisme: des revenus commerciaux de 158 M€ bruts pour Ligue 1+, dont 16 M€ de commissions de distribution, soit environ 142 M€ nets estimés pour la saison.
Concrètement, cette entrée d’argent vient corriger un guide provisoire très prudent. Initialement, seuls 80,4 M€ de droits (domestiques + internationaux) devaient se partager, en excluant la nouvelle plate-forme pour respecter les consignes de la DNCG. Désormais, l’actualisation offre un ajout significatif pour chaque rang: +15,66 M€ pour le mieux classé et +2,28 M€ pour le moins bien loti.
- Qui: Nicolas de Tavernost présente les chiffres aux clubs.
- Quoi: relèvement immédiat de la répartition des droits TV.
- Où: au collège de Ligue 1, via LFP Media.
- Quand: ce lundi, en cours de saison.
- Comment: traction commerciale de Ligue 1+ au-delà d’1 M d’abonnés.
- Pourquoi: sécuriser la trésorerie des clubs malgré la baisse domestique.
| Indicateur | Avant (guide provisoire) | Après (actualisation L1+) | Écart |
|---|---|---|---|
| Revenus nets Ligue 1+ à répartir | 0 M€ | ~142 M€ | +142 M€ |
| Top club L1 (total sur enveloppe nationale/notoriété) | 14,42 M€ | 30,10 M€ | +15,68 M€ |
| Dernier L1 (total sur enveloppe nationale/notoriété) | 1,44 M€ | 3,72 M€ | +2,28 M€ |
| Abonnés Ligue 1+ (estimation) | — | 1,026 M | — |
Répartition Ligue 1 2025-2026 : qui gagne quoi avec la nouvelle manne
Sur le terrain financier, la hausse change le quotidien mais ne redistribue pas toutes les cartes. Le champion pourrait toucher 30,1 M€ sur la base des critères cumulés (sport sur 5 ans et notoriété). À l’inverse, le dernier resterait sous 4 M€. L’écart demeure, pourtant l’oxygène évite une casse plus large sur la masse salariale.
Par ailleurs, l’enveloppe domestique recule encore: la saison passée, le champion avait 19 M€ de droits nationaux; la projection actuelle tourne autour de 12 M€. Seuls les clubs bénéficiant d’une exposition européenne amortissent l’impact via des droits internationaux conséquents, avec un pic estimé à 18 M€ pour le premier.
Impacts pour Paris Saint-Germain, Olympique de Marseille, AS Monaco, Olympique Lyonnais, RC Lens
Le Paris Saint-Germain cumule les critères et capte mécaniquement une part élevée. L’Olympique de Marseille et l’AS Monaco s’appuient sur la notoriété et les campagnes européennes pour sécuriser leurs budgets. Ensuite, l’Olympique Lyonnais et le RC Lens ajustent la masse salariale et accélèrent la formation pour préserver l’EBE.
- PSG: effet volume via notoriété et performance.
- OM et ASM: amortisseur européen décisif.
- OL et Lens: optimisation de coût et valorisation d’actifs (transferts).
- Clubs sans Europe: priorité au cash-flow opérationnel.
| Rang/Profil | Composante domestique (projection) | Droits internationaux (si européen) | Total indicatif |
|---|---|---|---|
| Champion (critères cumulés) | ~12 M€ | jusqu’à 18 M€ | ~30,1 M€ (hors bonus divers) |
| Top 5 (hors 1er) | ~9–11 M€ | variable | fonction du parcours européen |
| Dernier | ~3,72 M€ | 0 € | ~3,72 M€ |
Au-delà des chiffres, l’alignement stratégique prime: calendrier maîtrisé, production éditoriale renforcée, et storylines fortes autour des chocs Ligue 1 pour nourrir l’acquisition d’abonnés.
Diffuseurs et modèle économique : entre Ligue 1+, Canal+, Amazon Prime Video et TF1
Historiquement, Canal+ a façonné l’économie de l’élite. Récemment, Amazon Prime Video a occupé un rôle d’appoint sur certains lots. Aujourd’hui, la distribution directe via Ligue 1+ complète le dispositif, tandis que TF1 maintient une exposition en clair sur des extraits et des magazines, utile à la notoriété.
Ce mix crée un entonnoir: l’OTT capte l’ARPU, le premium pay-TV densifie la valeur perçue, et le gratuit entretient l’audience de masse. Le tout repose sur la production LFP Media et un marketing éditorial capable de transformer l’attention en conversions.
- Canal+: motorise la valeur premium et l’expertise antenne.
- Amazon Prime Video: complément flexible et puissant reach e-commerce.
- Ligue 1+: relation directe clubs-supporters, data et ARPU.
- TF1: vitrines grand public et mémorisation de marque.
| Plateforme | Positionnement | Forces | Rôle pour la L1 |
|---|---|---|---|
| Ligue 1+ | OTT direct-to-fan | Données, agilité tarifaire | Monétisation directe et répartition rehaussée |
| Canal+ | Pay-TV premium | Puissance éditoriale et fidélisation | Valorisation des affiches et acquisition |
| Amazon Prime Video | Streaming généraliste | Large base clients | Effet de volume et bundles |
| TF1 | Gratuit en clair | Audience de masse | Amplification et notoriété |
À terme, la conquête passera par la complémentarité: quelques affiches à très forte valeur, une OTT robuste et des fenêtres gratuites qui nourrissent l’écosystème.
Abonnements Ligue 1+ : scénarios de fin de saison et risques maîtrisés
L’objectif annoncé de 1,15 million d’abonnés apparaît désormais atteignable, voire dépassable si la dynamique se prolonge. Un directeur financier d’un club du milieu de tableau, appelons-le Julien M., résume l’enjeu: “Chaque tranche d’abonnés gagnée sécurise nos salaires et nos investissements jeunes.”
Certes, le ticket moyen et les commissions de distribution influencent la marge. Toutefois, une croissance à deux chiffres des abonnements prolongerait l’effort de redistribution et limiterait les ventes en urgence lors du mercato d’hiver.
- Scénario prudent: stabilisation autour de 1,05 M.
- Scénario cible: franchissement de 1,15 M.
- Scénario haut: trajectoire vers 1,25 M si les chocs de fin de saison convertissent.
- Risque: churn post-pics et élasticité prix.
| Scénario abonnés | Grosses lignes de CA (ordre de grandeur) | Netrépartition estimée | Effet clubs |
|---|---|---|---|
| ~1,05 M | Proche de l’actuel | ~140–150 M€ | Soulagement, mais prudence budgétaire |
| ~1,15 M | Hausse à deux chiffres | ~150–165 M€ | Renfort des dotations vs guide initial |
| ~1,25 M | Accélération commerciale | ~165–180 M€ | Effet levier sur fin d’exercice |
En pratique, la DNCG continuera d’exiger des scénarios prudents, mais la trajectoire actuelle rassure les trésoreries.
Effets sportifs et mercato : vers un rééquilibrage prudent
Les clubs ajustent leur stratégie. D’abord, les salaires se calibrent mieux qu’attendu, sans excès. Ensuite, les recrutements ciblent des profils à forte valeur de revente, afin de sécuriser un bilan encore dépendant des droits.
Enfin, la performance sportive redevient un accélérateur: qualif européenne, visibilité et bonus de notoriété alimentent l’effet boule de neige de la redistribution.
- Politique salariale: paliers, variables et primes indexées aux résultats.
- Recrutement: data scouting et contrats à options.
- Académies: investissement dans la formation et la post-formation.
- Matchdays: offre enrichie pour augmenter l’ARPU stade.
| Comparatif | Saison passée (domestique) | Projection 2025-26 (domestique) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Champion | ~19 M€ | ~12 M€ | Baisse compensée par notoriété + international |
| Premier (total possible) | — | ~30,1 M€ | Si top 5 ans + notoriété |
| Dernier | ~6 M€ | ~3,72 M€ | Dépendance accrue aux ventes et formation |
Au final, la prudence de gestion domine le mercato, avec un œil sur la capacité de Ligue 1+ à convertir les grands rendez-vous du sprint final.
Impact en Ligue 2 : un souffle bienvenu pour l’antichambre
Le signal est positif aussi en Ligue 2. D’après les projections, le premier passerait d’environ 742 000 € à près de 1,83 M€. De son côté, le dernier grimperait de 483 000 € à 1,19 M€. Ce palier change l’équation de trésorerie et la gestion des centres de formation.
Sur la saison, ces gains allègent la pression sur le court terme: moins d’obligations de cessions rapides, davantage d’espace pour structurer les effectifs et investir dans la performance.
- Hausse des dotations: amortisseur immédiat.
- Formation: budgets consolidés.
- Stabilité sportive: rotation d’effectif mieux planifiée.
- Visibilité: contenus éditoriaux valorisés sur l’OTT.
| Ligue 2 | Avant | Après | Effet |
|---|---|---|---|
| Premier | ~0,742 M€ | ~1,83 M€ | +~1,09 M€ |
| Dernier | ~0,483 M€ | ~1,19 M€ | +~0,71 M€ |
La base se renforce, et l’élite profite d’une concurrence interne plus saine: l’ascenseur sportif y gagnera en intensité.
Pourquoi la répartition des droits TV augmente-t-elle maintenant ?
Parce que les premiers résultats commerciaux de Ligue 1+ dépassent les hypothèses prudentes du début de saison. La LFP actualise donc la redistribution avec une enveloppe nette estimée autour de 142 M€ issue de la plate-forme.
Quel club profite le plus de la nouvelle répartition ?
Le meilleur classé sur les critères cumulés (sport sur 5 ans et notoriété) peut viser environ 30,1 M€ sur l’enveloppe nationale. Les clubs qualifiés en Europe amortissent aussi la baisse domestique grâce aux droits internationaux (jusqu’à ~18 M€ pour le premier).
Les droits domestiques remontent-ils ?
Non. Ils restent en retrait par rapport à la saison passée (par exemple, le champion domestique passe d’environ 19 M€ à ~12 M€). La hausse actuelle vient surtout de Ligue 1+.
Quel est l’impact pour la Ligue 2 ?
Les dotations progressent sensiblement : le premier passerait d’environ 742 000 € à 1,83 M€, le dernier de 483 000 € à 1,19 M€. De quoi stabiliser la gestion et la formation.
Quel rôle jouent Canal+, Amazon Prime Video et TF1 ?
Canal+ valorise les affiches premium, Amazon Prime Video apporte une base d’utilisateurs et des synergies, TF1 offre une exposition en clair. Ligue 1+ complète le dispositif en monétisant directement l’audience au bénéfice des clubs.


